jeudi 27 novembre 2025

Nos dirigeants se dévoilent: Yves Elsen

Après nos administrateurs, nos anciens présidents ont accepté de se soumettre à la question. Si leur nom est connu, on en sait peut-être moins sur leur parcours humain et professionnel, leur vision à propos de nos métiers. Ils ont accepté de se dévoiler un peu pour nous, dans un autoportrait express. Nous les découvrons à tour de rôle, dans notre newsletter mensuelle. Ce mois-ci, Yves Elsen, ancien président de l’ALI (Association Luxembourgeoise des Ingénieurs).

Qui es-tu? Né en 1958 à Luxembourg-Ville, j’y ai grandi et j’ai suivi mes études secondaires à l’Athénée de Luxembourg. J’ai ensuite poursuivi des études d’ingénieur civil à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) où j’ai obtenu mon diplôme en 1992.

Passionné par la technologie, mais également attentif aux enjeux économiques et industriels, j’ai très tôt constaté que la disponibilité d’ingénieures et d’ingénieurs, ainsi que la qualité de leur formation, sont des facteurs clés pour la vitalité de nos filières industrielles et économiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis rapidement engagé au sein de l’ANEIL et de l’ALI, deux associations que j’ai eu l’honneur de présider, entouré d’équipes d’administrateurs remarquables.

En parallèle, j’ai continué à me former afin d’accompagner les évolutions technologiques et économiques.

Passionné par l’articulation entre technologie, économie et industrie, je cultive l’apprentissage continu — véritable life-long learner — et je reste ouvert aux échanges sur l’innovation, le spatial, l’ingénierie et la stratégie industrielle. J’aime fédérer des équipes, développer des produits utiles et faire grandir des organisations.

« Life-long learner » résume bien mon parcours.

Que fais-tu? J’ai entamé ma carrière comme collaborateur scientifique à l’« Institut für Verkehrsplanung und Transporttechnik » (IVT) de l’ETH Zurich. Après une brève interruption consacrée à l’obtention d’un MBA à l’INSEAD (Fontainebleau) en juin 1984, j’ai poursuivi mon parcours à Bruxelles au sein du groupe britannique Imperial Chemical Industries plc (ICI), actif dans le domaine de la chimie, plus particulièrement au sein de la division des polyuréthanes.

En mars 1986, j’ai fait mon retour au Grand-Duché de Luxembourg pour rejoindre la Société Européenne des Satellites S.A. (SES) en tant qu’employé numéro treize. J’ai eu le privilège de participer à l’aventure d’une entreprise en plein essor, évoluant d’un mode start-up jusqu’à son entrée en bourse, pour devenir un véritable champion européen du secteur spatial.

Fort de cette expérience, j’ai décidé de me tourner vers l’entrepreneuriat en rejoignant, fin 2003, la société innovante HITEC Luxembourg SA, une pépite technologique luxembourgeoise. HITEC Luxembourg SA, une société à 100% entre des mains luxembourgeoises, a développé ses activités dans le domaine des produits et services innovants et de qualité. Nous proposons des solutions de haute technologie couvrant différents domaines d’activité : segment terrestre des satellites, équipements spécifiques et standard pour le test et la mesure des propriétés physiques, gestion du trafic et missions critiques. Notre devise : orientée vers le marché, centrée sur le client et axée sur la technologie. Entre 2017 et 2019, avec mon associé Philippe Osch, nous avons racheté les parts des fondateurs. En juin 2023, j’ai transmis la gestion journalière à mon associé Philippe Osch, désormais CEO de l‘entreprise, tandis que j’ai pris la présidence du conseil d’administration de HITEC.

Parallèlement à ce mandat, j’exerce d’autres fonctions d’administrateur au Luxembourg, notamment la présidence du conseil de gouvernance de l’Université du Luxembourg, institution clé pour le développement de la société luxembourgeoise et de notre économie, ainsi que la présidence du Groupement Luxembourgeois de l’Aéronautique et de l’Espace (GLAE).

Pourquoi est-ce cool d’être ingénieur/scientifique ? Choisir des études en ingénierie demeure, à mes yeux, une voie porteuse qui ouvre des carrières variées et riches en défis. Dans le monde actuel, comprendre les technologies est indispensable pour saisir, anticiper et orienter les transformations à l’œuvre, dans les petites, moyennes comme grandes entreprises.

Le métier d’ingénieur mène souvent à trois trajectoires :

  • Le/la généraliste
  • L’expert·e
  • Le/la scientifique

Ces trois parcours sont aujourd’hui pleinement accessibles au Grand-Duché. Pour ma part, j’ai suivi la voie du généraliste.

Par ailleurs, parler « ingénieur » avec des ingénieurs est un atout : une formation d’ingénieur facilite la collaboration et la crédibilité technique. Pour paraphraser le célèbre « Les Français parlent aux Français », disons que les ingénieurs aiment qu’on leur parle… ingénieur.

Après plus de quarante ans d’expérience, ma conclusion est simple : oui, c’est, et ce sera « cool » d’être ingénieur.