De la théorie à la pratique: la visite de la station d’épuration du SIDEST à Grevenmacher était la suite logique à notre conférence du 6 mai sur l’épuration des eaux. Matière sensible, l’assainissement de l’eau est un sujet crucial dans un pays en expansion démographique constante, dans un environnement que l’on doit de plus en plus préserver.
Sous la conduite d’Alain Schaack, ingénieur du SIDEST et membre de notre association, une vingtaine de nos membres ont découvert des installations finalisées en 2018, présentant un aspect flambant neuf. Les installations sont prévues pour 47.000 équivalents habitants. Dans cette région touristique, qui porte aussi l’empreint de l’industrie viticole, les variations saisonnières de débit sont un élément majeur dont il faut tenir compte… tout comme le niveau de la Moselle voisine du site.
Procédé SBR
Le traitement biologique s’effectue selon le procédé SBR (Sequence-batch-reactor), qui devient progressivement la norme au Luxembourg. Les différents processus de traitement se déroulent selon une séquence temporelle définie dans le même réacteur. En plus des quatre réacteurs SBR, un pré-accumulateur est disponible, ce qui améliore la flexibilité et la performance de traitement. Les réacteurs et le pré-accumulateur sont entièrement encapsulés.
Lors du traitement biologique des eaux usées, des micro-organismes contribuent à transformer les substances dissoutes dans les eaux usées (composés organiques de carbone, d’azote et de phosphore) en substances solides et décantables grâce à leur activité métabolique. Cette biomasse en croissance constante, appelée “boue active”, est continuellement retirée et acheminée vers le traitement des boues. Les composés phosphatés dissous sont précipités chimiquement par ajout de sels métalliques et séparés des eaux usées épurées avec les boues activées.
Le procédé SBR se caractérise par une grande sécurité de fonctionnement et une grande flexibilité face aux variations des conditions d’alimentation. Ceci est particulièrement avantageux en cas de fluctuations saisonnières, dues par exemple à la viticulture et au tourisme. Les eaux usées épurées s’écoulent des réacteurs vers le canal d’évacuation menant à la Moselle.
Traitement de l’air et énergie
La station d’épuration dispose également d’un système de traitement de l’air performant, basé sur le principe de la photo-ionisation. L’air vicié est ainsi irradié par des rayons UV qui neutralisent les substances odorantes et, accessoirement, stérilisent l’air. De plus, il peut être nettoyé avec des filtres à charbon actif.
En été, un excédent de chaleur important est généré par la station. Il est mis à la disposition de la piscine en plein air voisine de Grevenmacher via un réseau de chauffage urbain. Cette mesure permet d’économiser environ 40 000 m³ de gaz et 80 tonnes de CO₂ par an, ce qui correspond à une réduction de plus de 40 % des coûts énergétiques de la piscine.
Une source d’énergie supplémentaire est fournie par une installation photovoltaïque. L’électricité produite avec les deux cogénérateurs suffit les jours ensoleillés pour couvrir les besoins en électricité de la station d’épuration. Les centrales de cogénération servent également d’alimentation électrique de secours afin d’éviter toute accumulation dans le réseau d’égouts en cas de panne de courant.
La quantité totale d’énergie produite par an est d’environ 250.000 kWh, ce qui correspond à peu près à la consommation énergétique de 50 foyers de quatre personnes.
La présentation d’Alain Schaack
L’album photos de la visite



































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