Thursday September 24th, 2026

Les secrets de l’approvisionnement en eau des communes du Sud

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Une trentaine de nos membres ont eu le plaisir de visiter les installations phares du Syndicat des Eaux du Sud (SES) : l’historique station de pompage de Koerich et les plus récents réservoirs du Rebierg. Christian Zeyen, Daniel Collignon (administrateurs IngSci) et Anne Marmann (directrice) accompagnaient le groupe. Luc Berens, chef de service à la production du SES, mais aussi passionné d’histoire et de géologie, nous a servi de guide et a décrit le formidable maillage qui permet à tout le pays d’assurer ses ressources en eau, entre barrage, sources et nappes souterraines.

Une réponse à l’industrialisation

L’histoire du SES est intimement liée à celle du bassin minier. À la fin du XIXe siècle, l’alimentation en eau reste largement une affaire locale. Les communes utilisent des puits, des sources ou parfois directement les cours d’eau. Les problèmes de qualité sont fréquents, tandis que l’industrialisation et l’essor de la sidérurgie font rapidement augmenter la population et les besoins en eau. Le 8 juin 1908, le futur Syndicat des Eaux du Sud est officiellement constitué. Il porte le nom de « Syndicat de Communes pour l’Établissement et l’Exploitation d’une Conduite d’Eau intercommunale pour les Cantons de Capellen et d’Esch-sur-Alzette ». Pour la première fois au Luxembourg, plusieurs communes mettent durablement en commun leurs moyens pour résoudre un problème d’infrastructure. Les premières installations sont développées autour des ressources en eau de l’ouest du pays et du Grès de Luxembourg, une formation géologique qui constitue encore aujourd’hui une ressource essentielle pour le SES.

Des sources au Rebierg

Une grande partie de l’eau distribuée par le SES est d’origine souterraine. Les précipitations s’infiltrent dans le Grès de Luxembourg, où l’eau est naturellement filtrée avant de ressortir au niveau de différentes sources. Le SES exploite notamment un important ensemble de captages dans la vallée de l’Eisch. L’eau provenant de ces sources est acheminée en grande partie par gravité vers deux stations principales de pompage, situées à Koerich et Dondelange. Des installations secondaires à Septfontaines, Leesbach et Hollenfels complètent le dispositif. Toute l’eau est pompée jusqu’à l’immense réservoir du Rebierg, près de Hivange, à environ 400 mètres d’altitude. Ce site constitue le cœur du système. Il accueille le principal ensemble de stockage du SES et permet ensuite d’utiliser largement la gravité pour redistribuer l’eau vers les réservoirs des différentes communes. Le développement successif des installations du Rebierg a porté leur capacité de stockage à plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes.

L’apport essentiel du barrage d’Esch-sur-Sûre

Les ressources souterraines ne suffisent pas à suivre indéfiniment l’augmentation de la consommation. À partir de 1969, l’eau traitée provenant du lac de la Haute-Sûre est connectée au réseau du SES. Cette possibilité d’appoint change profondément la sécurité d’approvisionnement du sud du pays. La proportion d’eau du lac injectée varie en fonction des ressources disponibles et des besoins: entre un tiers et la moitié du volume global nécessaire à la distribution. Au Rebierg, l’eau du SEBES est mélangée à celle provenant des sources et des forages exploités par le SES. Elle rejoint ensuite les réservoirs locaux et les châteaux d’eau.

Le SES fournit, les communes distribuent

Le SES n’est généralement pas celui qui amène l’eau jusqu’au robinet du consommateur. Son rôle consiste principalement à produire, traiter et transporter l’eau jusqu’aux réservoirs des communes membres. À partir de ces réservoirs, la distribution dans les rues et jusqu’aux habitations relève des services communaux. Le SES fonctionne comme un fournisseur intercommunal « en gros ». Il assure la création, l’entretien et la modernisation des captages, forages, stations de pompage et de traitement, réservoirs et grandes conduites nécessaires au système. Il alimente également directement plusieurs sites industriels. Son réseau fait plus de 200 km. 15 millions de mètres cubes d’eau potable y transitent chaque année.

Le syndicat est aujourd’hui composé de 22 communes : Bertrange, Bettembourg, Differdange, Dippach, Dudelange, Esch-sur-Alzette, Frisange, Garnich, Habscht, Käerjeng, Kayl, Koerich, Leudelange, Mamer, Mondercange, Pétange, Reckange-sur-Mess, Roeser, Rumelange, Sanem, Schifflange et Steinfort.

Une eau sous surveillance

À Dondelange, l’eau passe notamment par une filtration au charbon actif et une ultrafiltration avant désinfection. À Koerich, la filtration au charbon actif est complétée par une désinfection au bioxyde de chlore et une surveillance en ligne par cytométrie de flux. Le Rebierg dispose également d’un système de déferrisation pour l’eau provenant de certains forages.

Les contrôles sont nombreux. En 2025, plus de 3.000 échantillons d’eau ont été prélevés et plus de 75.000 paramètres analysés par le service qualité du SES. Pour la seule eau distribuée, plus de 31.900 paramètres ont été contrôlés, alors que les prescriptions légales en imposaient 4.930. Le SES annonce pour cette même année un taux de conformité de 99,97 %, sans anomalie présentant un risque sanitaire.

L’album photo de la visite: