Nos métiers sont séduisants, porteurs d’avenir … et pourtant ils ne font pas encore l’objet d’un engouement suffisant pour remplir tous les besoins du Luxembourg. Ce constat a servi de fil conducteur à la Journée de l’Ingénieur organisée par l’association des Ingénieurs et Scientifiques du Luxembourg, le mercredi 4 mars.
La ministre de la Recherche, de l’Enseignement supérieur et de la Digitalisation, Stéphanie Obertin, nous a fait l’honneur de sa présence. Elle a insisté sur le fait que le Luxembourg manquait significativement d’ingénieurs, alors que leur rôle est capital, puisqu’ils sont le chaînon indispensable pour transformer en réalisations concrètes les résultats de la recherche qui lui est chère.
« Au-delà des orientations stratégiques ou des déclarations d’intention », le Luxembourg doit conserver « sa capacité à concevoir, planifier, construire, exploiter et adapter », a insisté Thierry Flies, président des Ingénieurs et Scientifiques du Luxembourg. Il place l’ingénierie au cœur des solutions, réfutant tout corporatisme : « L’ingénierie, c’est une capacité d’exécution. C’est ce qui transforme une vision en infrastructure, une stratégie en système opérationnel, une idée en solution concrète. Dans un pays dense, interconnecté et internationalisé, cette capacité constitue un véritable atout stratégique. » (lire le discours complet de Thierry Flies)
Difficile de promouvoir les métiers techniques et les sciences sans le support des chiffres. La Fondation IDEA a saisi l’opportunité de cette journée pour produire un décryptage éclairant sur les choix d’études au Luxembourg. Ioana Pop, économiste, note que la part des femmes dans les filières STIM (Sciences, Technologie, Ingénierie, Mathématiques) est passée en 8 ans de 28 à 33%… mais qu’on reste loin de la parité. De façon générale, ces filières ne sont pas encore assez privilégiées. IDEA suggère des bourses spécifiques pour encourager les vocations.
Olivier Guillon (CEO du LIST – Luxembourg Institute of Science and Technology) est lui-même ingénieur de formation… mais il a choisi de se consacrer à la recherche, celle qui soutient la transformation du pays. Les pistes sont nombreuses, prometteuses, et déjà suivies d’applications concrètes : biotechnologies, matériaux composites durables, Living lab à Belval, Smart city à Differdange, et même présence d’expériences dans l’espace. « Notre ambition est de devenir leader international dans ces domaines clés en gardant toujours l’objectif de transformer les connaissances en solutions concrètes », insiste Olivier Guillon.
La séance académique se tenait au siège de la Spuerkeess, l’ancien vaisseau amiral de l’Arbed à Luxembourg, comme l’a rappelé l’hôte du jour Romain Wehles. L’association des Ingénieurs et Scientifiques du Luxembourg s’est effectivement constituée lors de l’essor de la sidérurgie, à la fin du XIXe siècle. Le symbole, fort, n’a échappé à personne.
Les orateurs se sont vu remettre par Thierry Flies et Anne Marmann (directrice de l’association des Ingénieurs et Scientifiques du Luxembourg) une copie numérotée de l’œuvre de Ben Carter réalisée à l’occasion des 125 ans de notre association. Sur la photo, ils sont rejoints par les députées Djuna Bernard et Joëlle Welfring, qui assistaient à la séance académique.
Cette 64e Journée de l’Ingénieur était organisée à l’occasion de la « Journée mondiale de l’ingénierie pour le développement durable », ainsi désignée par l’UNESCO. L’association a décidé de garder cette date du 4 mars pour organiser les prochaines éditions de cet événement phare.
La vidéo de la séance académique:
A voir également, sur ces quelques liens:
- Décryptage d’IDEA sur les études STIM
- Reportage RTL – De Magazin
- L’interview de Thierry Flies sur RTL radio
- Le discours de Thierry Flies
- La carte blanche dans le Wort

































