Thursday June 25th, 2026

Conduite automatisée: le Luxembourg comme laboratoire

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Le Luxembourg franchit une nouvelle étape dans sa stratégie en faveur de la mobilité automatisée. La ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes, a participé à une démonstration de véhicules à conduite automatisée sur route ouverte à Canach, aux côtés de son homologue belge Jean-Luc Crucke.

Organisée sur le site de Voyages Emile Weber, la démonstration a permis aux deux ministres de monter à bord de véhicules développés par l’entreprise Pony.ai, actuellement testés dans le cadre d’essais scientifiques autorisés au Grand-Duché. Au-delà de l’aspect spectaculaire de la démonstration, l’événement illustre surtout la volonté du Luxembourg de se positionner comme l’un des acteurs européens de référence dans le développement de la conduite automatisée.

Depuis plusieurs années, le Grand-Duché mise sur l’innovation en matière de mobilité intelligente. Les essais réalisés sur son réseau routier permettent de tester ces nouvelles technologies en conditions réelles, dans un environnement réglementaire contrôlé.

L’objectif est double : accompagner le développement de véhicules toujours plus sûrs et préparer leur intégration progressive dans les systèmes de transport existants. Les autorités luxembourgeoises voient également dans cette évolution une opportunité de renforcer l’attractivité économique du pays en accueillant des entreprises spécialisées dans les technologies de mobilité.

Jean-Luc Crucke et Yuriko Backes (photo MMTP)

Une stratégie nationale à l’horizon 2028

Cette démonstration s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale « Automatiséiert Fueren 2028 », présentée en octobre 2025. Cette feuille de route repose sur plusieurs axes destinés à structurer un véritable écosystème de la conduite automatisée au Luxembourg. Elle vise notamment à soutenir la recherche et l’innovation, développer des partenariats entre acteurs publics et privés, adapter progressivement le cadre réglementaire et favoriser une intégration harmonieuse des véhicules automatisés dans le système luxembourgeois de mobilité multimodale.

L’ambition n’est pas uniquement technologique. Le gouvernement entend également faire de cette filière un levier de diversification économique tout en veillant à une adoption éthique et socialement acceptable de ces nouveaux modes de transport.

Une coopération renforcée au niveau européen

La démarche luxembourgeoise s’inscrit désormais dans un cadre européen plus large. En marge du Conseil des ministres des Transports du 8 juin, le Luxembourg a rejoint seize autres États membres en signant une déclaration d’intention soutenue par la Commission européenne. Cette initiative prévoit la mise en place de vastes bancs d’essai transfrontaliers afin d’accélérer le développement des véhicules automatisés en Europe. Parmi les pays signataires figurent notamment la Belgique, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, la Suède ou encore la Finlande.

Cette coopération doit permettre d’harmoniser progressivement les règles relatives à l’homologation, à la sécurité et à l’exploitation de ces véhicules. L’objectif est de faciliter leur circulation d’un pays à l’autre et de créer un véritable marché européen de la conduite automatisée. L’initiative prolonge les travaux engagés dès 2017 par le Luxembourg, la France et l’Allemagne, qui avaient créé l’un des premiers corridors transfrontaliers européens dédiés aux essais de véhicules automatisés.

Vers de nouveaux services de mobilité

Au-delà de la technologie, les perspectives concernent des applications très concrètes. Les autorités européennes misent notamment sur le développement de solutions de transport de passagers, de navettes autonomes, ainsi que sur l’automatisation de certaines opérations logistiques. Pour le Luxembourg, ces innovations devront s’intégrer dans une vision globale de la mobilité, combinant les différents modes de transport plutôt que de les remplacer.

À l’issue de la signature de la déclaration européenne, la ministre Yuriko Backes a souligné que cette coopération constituait « une étape décisive vers le déploiement progressif de la conduite automatisée à l’échelle européenne », tout en réaffirmant l’ambition du Grand-Duché de contribuer au développement d’une mobilité « plus innovante, plus sûre et plus durable ».

Avec cette stratégie, le Luxembourg entend désormais dépasser le stade de l’expérimentation pour devenir l’un des territoires de référence où pourront être développés, testés puis progressivement déployés les futurs services de mobilité automatisée en Europe.